En faisant mon petit plan de route, je me suis rendu compte de deux difficultés. La première, je devais franchir un col à 4170m et la seconde, que la piste entre La Poma (un peu après) et San Antonio de los Cobres était en "jaune" sur la carte, la légende précisant "Camino de Tierra". Et comme les pistes (bien praticables) sont des "Camino Consolidado", je me suis inquiété de savoir si ca passait avec ma petite clio de location (avec un super moteur 1,2 L)

Pour le premier problème, l'altitude, j'ai pris une aspirine le matin (merci FOX) et bien entendu, mes feuilles de coca.
Pour le second, ben ¡Me voy a la mierda! je me suis lancé à l'aventure.

Première étape à la Poma, pour acheter du pain, on ne sait jamais, car pour l'eau j'ai mes réserves. Je commence à suivre une voiture de location qui part aussi de Cachi (ça se reconnait TRÈS facilement) mais que jusqu'à l'embranchement avec la RP 33 (direction Salta), je souris, pour moi c'est la Ruta 40 qui continue, vive la liberté ! Jusqu'à la Poma, la piste est sympa, large et je fais une bonne moyenne : 1h30 pour 50 km c'est nickel.

A la Poma, je vais dans le "magasin" (y en a pas deux) une sorte de petit dépôt, dans une habitation classique et avec comme unique indication un logo Coca-Cola peint sur le mur, où derrière le comptoir se trouve un peu tout: médicaments, cigarettes, quelques paquets de buiscuits, des chips, des sacs de pain... Le marchand s'excuse de n'avoir que le pain d'hier, mais c'est parfait ! Je repose ma classique question ¿La ruta es transitable de aqua hasta San Antonio? (prononcez chuta et non ruta ici), et toujours la même réponse, pas de problèmes.

A la sortie de la Poma, la piste se rétrécit un peu et se ballade sur les flancs d'un Rio. Des paysages grandioses, des couleurs hallucinantes et un soleil de plomb (j'ai d'ailleurs maintenant un magnifique bronzage de routier !)

Puis j'arrive devant une multitudes de panneaux : Piste sinueuse, inférieure à 3m de large, vitesse limitée à 30km/h.... C'est là que l'aventure commence... Je n'aurais jamais cru une Clio capable de faire du tout-terrain de ce niveau...

La route comence à sévérement se rétrécir et à grimper en lacets. De nombreux arroyo (petits ruisseaux) traversent la route et à chaque fois c'est la crainte de noyer le moteur où d'arracher le bas de caisse sur un cailloux un peu trop gros. Des cailloux il y en a partout sur la route et si l'on rajoute à ça les virages en épingles passés en première, la montée c'est de la conduite !! Mais le bas de la montée du col m'a rappelé un peu les paysages d'Ecosse.

Bref, deux grosses heures de montée à une vitesse moyenne de 10 - 15 km/h. En arrivant à un col, je rencontre un 4x4 de deux Argentins allant au Chili, et dans l'arrière du Pickup, un français (Nico) et un argentin (Arial). Je vous laisse voir l'altitude du col sur les altimètres des deux Argentins !

 

A ce moment là, j'avais dépassé le toit de l'Europe ! Et le col à 4170m ne me fit d'un coup plus du tout peur ! J'ai quand même eu des petits vertiges lorsque j'ai un peu marché là haut. Mais rien de bien méchant ! De là, on peut voir des volcans de plus de 6000m, sur la vallée de San Antonio. La redescente fût du même topo que la montée, mais curieusement sans aucune crainte, peut-être encore un peu halluciné de ce col surprise à 4960m. C'est d'ailleurs à ce moment que j'ai compris que Abra signifiait Col et que j'ai vu sur la carte le fameux Abra del Acay à 4895m.

(Un joli fond d'écran à la Windows !!)

En arrivant sur San Antonio de los Cobres (3800m d'altitude) je recroise le 4x4 et les 2 autostoppeurs qui cherchent une autre voiture. A partir de ce moment là, le voyage se fait à 3, avec Nico et Arial qui remontaient la Ruta 40 d'Ushuaïa jusqu'à la Bolivie en Stop.

De San Antonio à l'embranchement avec la Ruta 52, les kilomètres défilent sans soucis, toujours dans des endroits plus désertiques que jamais... Et au loin, commence à se dessiner une immense tâche blanche. Au lieu donc de tourner à droite sur la Ruta 52 pour Pumamarca, on fait un petit détour sur la Salinas Grandas, traversée par la Ruta 52. C'est un immense lac asséché, laissant du coup un désert de sel à perte de vue. Le pauvre Arial avec ses coups de soleil sur les molets a bien souffert !

Toute la Ruta 52 est bitumée, l'ascension du col à 4170m se fait donc toute seule, sans aucun problèmes. En redescendant sur Pumamarca, de nouveau une vallée complètement différente, de hauts plateaux et de falaises vertigineuses.

On arrive enfin à Pumamarca, après une journée de piste un peu fatiguantes...

Pumamarca est un petit village tout en pisé avec un style colonial, c'est très réussi. Et c'est bien naturellement ultra touristique. Ceci dit, le village a su jusqu'à présent préserver son charme. Et cette nuit pour changer, c'est camping avec les 2 autostoppeurs !

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